Le train de Marquèze remonte l’ancienne ligne de chemin de fer, inaugurée en 1889, qui reliait la gare de Sabres à Labouheyre. Celle-ci transportait essentiellement du bois et des produits résineux qui étaient acheminés vers les ports de Bayonne et Bordeaux.
En 1969 cette ligne réouvrait après 10 ans d’interruption de son trafic, pour accueillir les premiers visiteurs de Marquèze.
Les voituresLes voitures : qui circulent sont celles de l’ancienne ligne Montpellier/Palavas les Flots. datent de 1906 et 1911 et sont classées au titre des Monuments Historiques. Les machines de traction sont des locotracteurs diesel en attendant la restauration des deux machines à vapeur propriété de l’Ecomusée.
Premier Ecomusée créé en France, Marquèze fut aussi le premier musée à faire appel à la technique de transfert des bâtiments pour reconstituer, en référence au cadastre de 1836, le quartier tel qu’il se présentait, et tel qu’on les connaissait à cette époque.
Pour en arriver là, il a fallu restaurer les constructions qui étaient sur place. La maison de Marquèze en est un exemple.
Lors de sa restauration, ce bâtiment d’habitation, daté 1824, n’était plus habité depuis quelques années (1955), mais les derniers travaux remontaient à la fin du 19ème siècle. La façade ouest, dégradée par les intempéries était en mauvais état. A l’Est les poutres de l’auvent caractéristique des maisons de propriétaire-laboureur, n’avaient pas trop souffert, mais les torchis ont été reposés. Le sol de carreaux, la toiture en tuiles canal, furent entièrement remaniés.
A la fin du 19ème siècle on comptait à Marquèze trois métairies distinctes, mais en 1968 beaucoup de bâtiments avaient disparu.
La maison le Mineur datée 1772, la maison de métayers, la borde à toit de chaume... sont les exemples de transfert d’habitat qui ont redonné à l’airial le caractère qu’il avait autrefois.
L’acquisition d’un moulin à Geloux permit d’effectuer sur Marquèze, au lieu-dit “le moulin de Bas”, le remontage d’un petit moulin possédant deux jeux de deux meules. La maison du meunier fut retrouvée sur la commune de Vert.
Les orientations et les implantations ont été respectées soigneusement : ainsi la maison du meunier est située à l’endroit précis où fut découverte une meule servant de pas de porte.
Dans cette société paysanne, le maître ou propriétaire, est le personnage dominant. Propriétaire d’une ou plusieurs exploitations, il met en valeur ses terres selon le principe du métayage agricole, confiant à une ou plusieurs familles de métayers le soin de l’exploitation. Le partage des récoltes se fait en fin de saison selon des règles codifiées mais parmi lesquelles s’opèrent cependant des variantes d’une commune à l’autre. Au premier échelon de l’échelle sociale, le brassier, qui ne disposant que de la force de ses bras, est assimilable au serviteur. C’est souvent dans cette catégorie sociale que l’on trouve les bergers. Dans cette société le meunier est un homme à part. Situé à l’écart du quartier il est aussi le maillon essentiel à la transformation des récoltes qui nourrissent la communauté. Prélevant sa part sur les moutures produites il détient là un pouvoir considérable, objet également de toutes les suspicions. Parfois propriétaire de son moulin, travaillant à son propre compte il peut être aussi métayer travaillant pour le compte d’un propriétaire.
En 1890, la nouvelle économie forestière a remplacé progressivement une vieille économie autarcique, organisée autour de la culture de céréales grâce à l’élevage d’ovins sur les immensités de lande. Le travail des métayers était alors de plus en plus consacré à la récolte de la résine ; avec le bois, l’essence de térébenthine, la colophane, la Grande Lande exportait de plus en plus loin de plus en plus de richesses tirées de la forêt. Les bergers sur échasses disparaissent alors du paysage avec leurs troupeaux désormais inutiles. La Grande Lande était entrée de plein pied dans l’ère des échanges.
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