Pour des explications précises et détaillées, consulter :
- Dictionnaire toponymique des communes : Landes et Bas-Adour, par Anne-Bénédicte Boyrie-Fénié, Éditions Cairn, Pau. Institut occitan, Château d’Este, 64141 Billère, décembre 2005, 285 pages.
- Dictionnaire toponymique des communes de la Gironde, par Anne-Bénédicte Boyrie-Fénié, Éditions Cairn, Pau. Institut occitan, Château d’Este, 64141 Billère, novembre 2008, 408 pages.
Argelouse. ARGELOSA
Arue. ARUA
Audenge. AUDENJA
Balizac. BALISAC
Belhade. VATH LADA
Belin-Beliet. BELIN E BELIET
Bélis. BELÍS
Biganos. VIGANÒS
Bourideys. BORIDÈIRS
Brocas. BROCARS
Cachen. CAISHEN
Callen. CALEN
Canenx-et-Réaut. CANENS ARRIU AUB
Captieux. CAPSIUTS
Cazalis. CASALÍS
Commensacq. COMENSAC
Escaudes. ESCAUDAS
Garein. GARENH
Giscos. GISCÒS
Goualade. GUALADA
Hostens. OSTENS
Labouheyre. LA BOÈIRA
Labrit. LABRIT
Lanton. LENTON
Lartigue. L’ARTIGA
Le Barp. LO BARP
Le Sen. LO SEN
Le Teich. LO TEISH
Le Tuzan. LO TUSAN / AUTUSAN
Lencouacq. LENCOAC
Louchats. LOISHATS
Lucmau. LUC MAU
Luglon. LUC LONG
Lugos. LUGÒS
Luxey. LUCSÈIR
Maillères. MALHÈRAS
Mano. MANÒR
Marcheprime. MARCHE PRIME
Mios. MIÒS
Moustey. MOSTÈIRS – VIGANON
Origne. AURINHA
Pissos. PISSÒS
Sabres. SABRES
Salles. SALAS
Saint-Léger-de-Balson. SENT LUGÈIR de BALION
Saint-Magne. SENT MANHE
Saint-Michel-de-Castelnau. SENT MIQUÈU DE CASTÈTHNAU
Saint-Symphorien. SENT SEFRIAN
Saugnac-et-Muret. SAUNHAC E LO MURET
Solferino. SOLFERINO
Sore. SÒRA
Trensacq. TRENSAC
Vert. VERT
Quelques noms gascons révélant le paysage
(Source : Dictionnaire des Landes, Bénédicte Boyrie-Fénié et Jean-Jacques Fénié, Éditions Sud Ouest, 2009)
Chêne.
Issu du gaulois *cassano, en français comme en langue d’oc, le chêne (gascon casse ou cassi) a fourni les toponymes génériques Cassiet, Cassiède, et Cassia (avec suffixe collectif gascon -ar > cassiar) alors que Tauziet et Tauzia (tausin + -ar > tausiar) précisent un endroit où croissent les chênes tauzins.
Pinhadar
C’est l’équivalent de la pinède (pineda), terme occitan du Languedoc et de la Provence que le français a emprunté. Le terme gascon landais est formé de pin(h) + double suffixation à sens collectif -ada + -ar > pinhadar, qui aux confins de l’Armagnac évolue en piadar (lieux-dits Piada). Une feuille de la carte de Cassini est appelée Pinadas. Le nom gascon pinhadèir (s.m.) désigne le sylviculteur, le bûcheron, le gemmeur.
Pin franc
Cet arbre, généralement appelé en gascon pin mèch ou pin ametge, c’est-à-dire " domestiqué ", est le pin pinhèr ou " pin pignon " du Languedoc ou de la Provence. Pourquoi le dit-on " franc ", c’est-à-dire " libre " ? Parce qu’il est souvent, dans le paysage, la marque d’une terre franche, donc non soumise comme le sont les métairies ou les fermes dans le système ancien. En Armagnac ou en Chalosse il voisine souvent avec les maisons " capcasalières " (< cap casau, " chef de terre " ou " chef de bien ", le terme casau ou casal < casa, " maison ", signifiant " terre exploitée " au Moyen Âge).
Panneaux bilingues
À la fin de l’année 2008, une vingtaine de communes landaises ont déjà opté pour l’installation de panneaux d’entrée d’agglomération en graphie occitane [exemples : La Boèira (Labouheyre) Sent Sever-Cap de Gasconha (Saint-Sever), Soston (Soustons) et Aunessa Laharí (Onesse-et-Laharie)]. Souvent la population landaise est en effet désireuse de montrer, au moins de cette manière, son attachement au patrimoine en général et son enracinement dans la culture d’oc plus précisément.
Cette démarche municipale, qui peut se faire aussi au niveau d’une communauté de communes, d’une agglomération ou d’un " pays ", révèle le désir de ne pas négliger le patrimoine " immatériel ", dont la langue, ici la variante gasconne de l’occitan, fait indéniablement partie.
Certains ont à cœur de transmettre les clés essentielles des noms de lieux (toponymes ou noms de communes, des microtoponymes ou noms de parcelles et lieux-dits en général). Ne révèlent-ils pas l’histoire, le souvenir commun des habitants, des travaux de jadis comme des paysages naturels ou agraires d’antan ?
Rendre visible la langue - ici, le gascon - est une manière de mettre en valeur le patrimoine immatériel dont la dimension est éminemment culturelle elle aussi.
Depuis juillet 2008, il est d’ailleurs inscrit dans la Constitution de la République Française que les " langues régionales font partie du patrimoine de la France ".
La graphie utilisée, adoptée par la grande majorité de ceux qui ont des connaissances sérieuses sur la culture occitane, s’appuie sur des mentions anciennes, sur les règles de la phonétique, sur la comparaison avec d’autres noms de lieux, sur le lexique parfois oublié de la langue d’oc.