L’adaptation se définit rigoureusement comme l’«ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques ou à leurs effets, afin d’atténuer les effets néfastes ou d’exploiter des opportunités bénéfiques » (GIEC).
Elle permet d’assurer la protection des biens et des personnes en agissant pour la sécurité et la santé publique, d’éviter les inégalités sociales face aux risques, de préserver le patrimoine naturel et les services qu’il rend au quotidien, et de limiter le coût des impacts du changement climatique.
L’adaptation renvoie à la notion de vulnérabilité. Cette dernière s’entend comme le « degré par lequel un système risque de subir ou d’être affecté négativement par les effets néfastes du changement climatique, qu’il s’agisse de la variabilité climatique ou des phénomènes extrêmes » (GIEC).
L’adaptation est généralement moins bien considérée que
l’atténuation, faisant figure d’une solution moins « noble » qui ne traite que les conséquences du changement climatique et non les causes. Elle est pourtant partie prenante de notre quotidien. En effet, vous ne l’avez peut-être jamais considéré sous cet angle mais nous nous adaptons spontanément à notre climat.
En se couvrant par temps froid, en arrosant nos plantes par temps sec, en se mettant à l’ombre lors des canicules… Cette adaptation autonome est pratiquée par tous, et ce d’autant plus que nos vies se déroulent à l’extérieur des bâtiments, agriculteurs en tête.
Mais ce mode d’adaptation se pratique généralement à courte vue. Derrière le geste devenu presque naturel de mettre la climatisation par temps chaud, peu d’entre nous s’imaginent contribuer un peu plus au réchauffement de la planète en rejetant de la chaleur à l’extérieur et en consommant des énergies fossiles. Cela constitue un exemple du principal piège de l’adaptation au changement climatique : la mal-adaptation qui, une fois tous les paramètres pris en compte, augmente notre vulnérabilité au lieu de la réduire.
Pour éviter ce piège, l’adaptation peut être planifiée.
Moyennant l’adoption d’un certain nombre de principes, de véritables stratégies adaptatives,combinaisons de mesures pour répondre à un impact climatique donné ou annoncé,peuvent être conçues. Par exemple, une stratégie pour lutter contre les fortes chaleurs estivales peut inclure des mesures comme la conception des maisons apportant un « confort d’été », le développement des parkings ombragés ou encore l’innovation pour améliorer les technologies de climatisation.
Mais quelle est LA meilleure stratégie ? Idéalement, elle doit pouvoir supporter un certain degré d’incertitude dans l’évolution attendue du climat et dans ses impacts supposés, tenir compte de l’inertie des systèmes – une maison est construite pour durer, un arbre est exploitable des dizaines d’années après sa plantation –, et intégrer une vision territoriale pour que l’intérêt général de la collectivité prime sur certains intérêts particuliers.
Mais dans les faits, la stratégie résultera souvent d’un compromis s’appuyant sur un rapport entre ses coûts réels et ses bénéfices probables. Certaines actions font cependant exception car elles apportent des bénéfices supérieurs à leurs coûts quelles que soient la nature ou l’intensité des changements climatiques à venir. Elles sont dites sans regrets.
Le fait de restaurer des zones vertes en milieu urbain permet par exemple d’atténuer les effets d’une potentielle canicule et même d’une inondation, tout en améliorant au quotidien la biodiversité et le bien-être des populations grâce aux bienfaits d’un espace naturel. En leur absence, il faut privilégier les actions réversibles et les plus flexibles. Elles permettent en effet de procéder à des ajustements à moindre coût, au fur et à mesure que l’information et la connaissance sur les impacts des changements climatiques progressent.
Vous trouverez plus d’informations dans le rapport technique de l’étude de préfiguration de l’observatoire territorial du changement climatique.
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