Boucle vélo ''A la croisée des chemins''

Communes de Belin-Béliet, Lugos et Salles

Carte IGN  au 1 /25 000e n° 1438 ET

Promenade dans la lande qui borde l’Eyre, à la rencontre de sobres monuments ayant tous, de près ou de loin, une histoire liée à la présence de l’eau. Un parcours qui circule sur les traces des pèlerins qui prenaient la route vers St-Jacques-de-Compostelle, et qui maintenant passe sous les grands pins, dans les odeurs mêlées de vent atlantique et de résine fondante.

> 47 km - 3 à 4 heures
Balade magnifique pour une journée complète ; ne pas se priver du plaisir de pique-niquer au bord de la rivière sauvage. Un itinéraire qui devrait définitivement vous convaincre que les Landes de Gascogne ne sont pas ce « plat et morne pays »,. On y découvre même quelques petites côtes, et une série de paysages très diversifiés. Un itinéraire intéressant  l'hiver, car la forêt conserve ses couleurs, et le moindre rayon de soleil y réchauffe l'atmosphère au pied des pins ; une belle balade estivale aussi, pour le plaisir de se tremper dans l'eau fraîche de l'Eyre et de pédaler dans la musique lancinante du chant des cigales.

Départ 
Place de l’église de Belin. Accès en voiture depuis Bordeaux  par A 63 sortie n° 21, puis N.10.



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Itinéraire 

Quitter la place en faisant le tour de l’église. Au "cédez le passage", filer tout droit, puis prendre à gauche rue de l’Abbé Gaillard. A 1 Km, prendre la 1ère à droite, (avenue Louis Cazenave) en direction de la N 10,  puis longer les anciennes usines Cazenave. Louis Cazenave était à l’origine un fondeur, qui créa à Belin une fabrique de cycles mondialement connue. Dans les années 50, cette usine  employait jusqu’à 750 ouvriers, et les vélos produits ici roulent sur toutes les routes de la planète. Depuis 1975, l’entreprise est arrêtée, et les bâtiments  progressivement démantelés.

Au carrefour de la N 10, prendre à gauche et rouler prudement en serrant bien à droite dans la descente. Une forêt marécageuse borde bientôt le chemin, puis c’est l’Eyre qu’il faut  franchir par le Pont du Passage. Ce petit fleuve est l’exutoire principal des eaux du plateau landais. En période de fortes pluies, elle déborde largement et s’écoule dans son lit majeur, entre les arbres de la forêt proche. Tourner à droite sur la D 110 E1 vers Sanguinet, et encore à droite 500m après. La route débouche sur l’église St-Pierre-de-Mons, un bâtiment du XIème siècle qui était autrefois un passage obligé pour les pèlerins se rendant à St-Jacques-de-Compostelle par la voie de Tours. De nos jours encore, ils continuent à faire halte sur cet airial qui accueille un gîte d’étape. L’église est magnifique de sobriété, elle est construite en alios;  à l’intérieur, on peut y admirer un chapiteau roman et des sculptures datant du XVème siècle. En contrebas de l’église, un pont de bois permet de traverser le ruisseau et d’accéder à la Fontaine St-Clair, où coule depuis des siècles une eau à laquelle on prête encore de nos jours des vertus guérisseuses. Un pèlerinage annuel est toujours organisé en ces lieux boisés, et les eaux de la fontaine sont encore utilisées pour soigner les affections occulaires.

Reprendre la route ; au croisement de la D 110, tourner à gauche et monter sur le « plateau landais ». Avant le pont qui traverse l’A 63, prendre la petite route à droite et filer jusqu’à l’église de Vieux-Lugo, perdue au milieu de la forêt. Cette chapelle, dédiée à St-Michel, est le dernier vestige du village qui a été déplacé vers des terres moins humides. Etablie dès le XIe siècle, elle accueillait les pèlerins de St-Jacques utilisant la voie Littorale et celle de Port-de-By qui devaient traverser ici l’Eyre par un gué. Des peintures murales datant  du XVe siècle y ont été découvertes dans les années 60 à la faveur de travaux de réfection, et la cloche qui trône dans le clocher carré a été fondue en 1643.

Retourner jusqu’à la D 110, et prendre à droite vers Lugos. A l’entrée du village, un garage porte encore l’inscription délavée des « Cycles Morin », un vieux témoignage de l’utilisation quotidienne du vélo dans cette région forestière où ce moyen de déplacement procurait une autonomie merveilleuse. Prendre à droite vers Salles sur la D 108 E3,  passer devant la mignonne école communale et tourner à droite, puis tout de suite à gauche dans la route du Bran. Poursuivre cette route étroite jusqu’au croisement, et descendre à droite jusqu’à l’Etang du Bran. Ici se trouvaient des forges installées sur l’emplacement d’un vieux moulin à eau. En 1840, 30 ouvriers travaillent autour du laminoir et du haut-fourneau. La matière première, tirée de l’alios et de la garluche, va progressivement régresser dans le sol de la région sous l'effet de son exploitation. Attention, la digue de retenue est en mauvais état et le propriétaire en interdit l’approche ou la traversée.

Remonter jusqu’au croisement et prendre en face le chemin blanc qui conduit à la D 108. Arrivé au quartier de Lanot, l’un des plus jolis hameaux de toute la région, tourner à droite et, 500m plus loin, prendre à gauche rue Jean Roux. Poursuivre dans ce sens jusqu’au chemin de Souldate qui revient sur la route et permet de faire une boucle. Dans le village, de très vieilles maisons sont bâties en alios, et toutes les granges en bois ou en briques sont ouvertes à l’est, à l’opposé des pluies atlantiques. Ce hameau accueille encore une minuscule école et un boulanger.

Poursuivre vers le bourg de Salles par la D 108 E3. Passer le pont de l’Eyre sur les berges de laquelle on aperçoit encore des pieux alignés qui facilitaient le flottage des bois au XIXe siècle. Les radeleurs descendaient ainsi les poteaux de mine taillés dans les pins  jusqu’à la gare de Lamothe, au Teich, où ils étaient chargés sur les trains et expédiés vers les grands ports de la région. Monter dans Salles jusqu’à la place de la Mairie, prendre à droite le long de la place, continuer en face par la rue qui borde la salle des sports et, en arrivant sur la D 3, s’engager  sur la piste cyclable vers Belin. Celle-ci passe plus loin sous l’autoroute, mais, durant les périodes de crues, ce passage est totalement noyé. La piste continue sur l’ancienne voie ferrée et, au passage du ruisseau de la Grande Solle, elle offre un beau point de vue sur la vallée de l’Eyre à droite, révèlant ainsi son caractère sauvage et intact. La buse variable, le milan noir, le circaète-Jean-le-Blanc, et la faucon hobereau sont des rapaces qu’il est possible d’observer depuis cet endroit.

Après le viaduc ferroviaire qui surplombe le Centre du Graoux, un équipement de découverte du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, quitter la piste et prendre à gauche. Après la traversée de ce petit quartier sympathique où les poules picorent encore au bord des routes, continuer au croisement de la N 10 en direction d’Hostens, et prendre à droite rue de Lapios. S’arrêter peu après sur l’airial de Lapios pour visiter un Musée d’Histoire locale fort intéressant. Après cette escale bienvenue sous les grands arbres du parc, et à proximité des fragments du dolmen daté de 3000 ans av.J.-C., prendre la même rue vers la droite.

Plus loin, reprendre la piste à droite pour s’avancer à proximité de l’usine de bois des établissements Manustock. Cette entreprise, leader européen  du marché des palettes et caisses palettes, utilise et transforme la matière première la plus abondante maintenant dans la région, le bois de pin. De l’autre côté de la route, un peu sur la droite, c’est la fonderie Destang qui perpétue encore de nos jours la vieille tradition industrielle de Belin-Beliet. Dans cet établissement, qui semble dater du temps de Germinal, tous les vendredis, le haut fourneau envoie sa fumée noire vers les nuages, et la fonte s’écoule dans des moules artisanaux.

Traverser la N.10 pour continuer sur la piste pendant 500m, puis tourner à gauche sur le chemin sableux qui mène jusqu’au quartier de Brandemale, un ensemble de maisons magnifiquement conservées. Descendre à droite, passer devant le petit étang et continuer jusqu’à la butte du château d’Eléonore, dont la légende dit qu’Aliénor d’Aquitaine serait née dans cette très vieille place forte. Prendre à gauche la rue qui mène à la N.10, puis traverser prudemment pour rejoindre la place de l’église.

A ne pas manquer 
La visite du Musée d’histoire locale de Belin-Béliet, ouvert tous les jours en juillet-août et sur rendez-vous le reste de l’année ; 05 56 88 00 06. La descente de l’Eyre en canoë, un incontournable de la région de mai à octobre. Centre de Graoux ; 05 57 71 99 29.

Ressources locales 
Tous commerces à Belin-Béliet et Salles. Gîte de la gare de Joué ; 05 56 81 54 23 (mairie).

Itinéraire de liaison 
Rejoindre Salles (10 Km) par la piste cyclable en direction de Biganos. 


Textes rédigés par Frédéric Gilbert et Claude Feigné
Issus du Livre "Le Parc naturel des Landes de Gascogne à Vélo"  C. Feigné, F.Gilbert, 54 pages,  Editions  Sud-Ouest

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