Un Brin d'Paroles : récits d'habitants
Qui sont les habitants du Parc et comment œuvrent-ils à leur échelle pour la biodiversité ?

ÉPISODE 2 - Sabres, Octobre 2020.

Annie fait partie de ces habitant(e)s qui s’engagent pour la préservation des patrimoines locaux. Déjà en 2010, elle souhaitait réhabiliter une maison de maître qui partait en ruine en la déplaçant et la réinstallant sur son airial…
« Nous avions envisagé de vivre avec un couple d'amis sur l'airial pour mutualiser nos "forces de travail", mais aussi le matériel, le potager, la buanderie, et nos voitures. Pour cela, nous voulions sauver de la ruine la maison landaise "Yanabère", située au Prada, au fond du quartier. Il fallait déplacer cette maison. Avec l'aide du Parc, du CAUE, notre projet devait prendre forme. C'était sans compter sur les aléas tragiques de la vie… »

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En haut, la maison Yanabère projetée sur son lieu d'implantation rêvé et en bas, sur son lieu initial - Crédit photo : A.T-V

Le rêve qu’elle a touché du doigt n’est pourtant pas devenu réalité… Qu’à cela ne tienne, elle continua à s’investir et à préserver son environnement.
Elle mit alors du cœur à l’ouvrage pour maintenir un airial digne de ce nom.

Exit la plupart des espèces exotiques qui ont un caractère trop souvent invasif. Il faut parfois savoir s’en séparer pour mieux voir refleurir des espèces locales.
Ainsi un peu de lumière est faite avec l’abattage de grands et larges cyprès… Des tapis d’Hélianthème goutte de sang (Tuberaria guttata) et de Jasione des montagnes (Jasiona montana) rejaillissent !

Le lieu de vie d’Annie est riche d’une multiplicité de milieux (de l’étang, à la prairie humide avec de la Brunelle commune (Prunella vulgaris), de la Potentille tormentille (Potentilla erecta), à la pelouse sèche typique de l’airial, au baradeau de feuillus faisant la limite avec une parcelle voisine humide de pin, l’inévitable potager de « grand-mère », et sans oublier de beaux tapis de bruyères qui font l’identité de nos sous-bois et landes.

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Carrés potagers et bacs à plantes mellifères - Crédit photos : A.T-V

Ici, c’est pas moins de 1 350m² de lande à bruyères et Callune ou Bruyère commune (Calluna vulgaris) qui sont maintenus ras, et qui fleurissent magnifiquement de juin à fin octobre grâce à un entretien annuel d’Annie qui dure depuis 10 ans.

« Au départ, cette partie de terrain n'avait aucun charme : herbe éparse sur sol sec, se faisant envahir progressivement d'ajoncs et quelques bruyères et callune dépassant çà et là. Après avoir arraché les ajoncs et tondu, nous nous sommes aperçus que la tonte loin de nuire au fleurissement des bruyères les faisaient s'étendre, tout en les maintenant rases. Désormais, nous appliquons une stratégie annuelle : une tonte, une fois par an à la fin de l’hiver. Puis, en juin, au moment d’entretenir la pelouse, nous nous attelons à donner une forme au massif de bruyères. Par ailleurs, nous sommes attentifs à maintenir une partie du jardin en prairie haute, avec ses fleurs sauvages et ses graminées pour les insectes. »

En effet, le sol landais se caractérise par une acidité qui permet l’épanouissement d’un incroyable cortège de bruyères.
Mais tout dépend aussi de l’hygrométrie du site en question. Un peu d’eau et vous verrez les longs grelots rose vif de la Bruyère ciliée (Erica ciliaris) souvent associés aux pompons sommitaux rose pâle caractéristiques de la Bruyère à 4 angles (Erica tetralix).

Sur terrain plus sec, en revanche, c’est bien les belles clochettes de la Bruyère cendrée (Erica cinerea) que vous reconnaîtrez en association quasi automatique avec la Callune (Calluna vulgaris) et ses petites fleurs ouvertes. Il est possible de retrouver aussi, mais de manière plus sporadique sur notre territoire, la Bruyère vagabonde (Erica vagans) avec ses petits grelots presque blancs.

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À gauche, bruyère ciliée, en haut à droite, bruyère à 4 angles, et en bas callune - Crédit photos : A.pasco_PNRLG

Sans oublier les brandes… mais c’est presque une autre histoire.
Annie par son action permet l’expression chaque année d’une belle lande fleurie qui ravit les derniers pollinisateurs actifs de l’année, notamment les Bourdons, la Collète du Lierre et l’infatigable Abeille mellifère.
Annie fait partie des acteurs du territoire du Parc qui, par leur choix de vie et leur approche de la nature, favorisent la biodiversité locale tout en agrémentant et en mettant en valeur discrètement son lieu de vie.
 « Je vais tenter une partie prairie libre sur un autre lopin de terre remuée par les sangliers, ils ont fait le travail pour nous : j'y jette mes bouquets fanés, de fleurs sauvages principalement, mais aussi de tout ce que je trouve dans mes balades… On verra bien… »

ÉPISODE 1 - Lanton, Février 2020.

 

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