le suivi des niveaux d'eau de la Leyre
Le niveau de la Leyre fluctue au fil du temps, des saisons et selon les aléas climatiques.

Un suivi est nécessaire pour comprendre et apprécier le fonctionnement du cours d'eau.

Ce suivi est croisé avec les conditions de pratiques du cours d'eau par les usagers d'activités nautiques non motorisées.

Ainsi, une information des usagers et des sociuo-professionnels est nécessaire au regard de leurs projets de navigation et de leurs niveaux de pratiques.

Pour en savoir plus :

https://www.canoesurlaleyre.com/Canoe-sur-la-Leyre/Se-documenter/Quand-pratiquer/Echelle-s-de-reference

-----------------------------------------------------------------------------------

CHRONIQUE SPECIALE après une année 2019 particulièrement sèche

Commentaire sur le NIVEAU d'EAU de NOVEMBRE 2019

--------------------------------------------------------------------------------------

Sécheresse 2019, passage de la tempête Amélie octobre 2019, crue et inondation de novembre 2019...

Explications :

Après un débit exceptionnellement bas de 5 m³/s à Salles mi-octobre 2019 (record quasi historique car proche de la canicule de 2003) le débit a été multiplié par 12 passant à 60 m³/s en une quinzaine de jours seulement suite à des précipitations exceptionnelles -1/3 des précipitations annuelles sont tombées en 18 jours-

Depuis mars 2016, le débit de la Leyre n'avait pu atteindre ce débit de 60m3 qui selon les statistiques (en 53ans de données) ne correspond qu'à une crue biennale...
En outre, nous pouvons comparer dans le passé les autres mois de novembre, et le dernier événement notable sur cette période date de novembre 2000, déjà presque 20 ans et il est fort intéressant pour une quantité de précipitations similaires sur la même période d'y regarder de plus près... car si la différence est toutefois notable puisque l’amplitude de débit est 2 fois moindre ce coup ci (60 m³/s au lieu de 110 m³/s -record historique du 23nov200- ) cela s’explique car la nappe phréatique était 1,30 plus haute avant le début des pluies en novembre 2000 (année 1999- 2000 globalement pluvieuse). 

C’est ainsi que les sécheresses successives que nous avons connues (depuis 2015) ont eu raison d’un abaissement conséquent de notre nappe phréatique ; nous avons tous pu observer que les fossés ont mis du temps à fonctionner malgré les pluies incessantes depuis ce 1er novembre.
A l’heure actuelle, le niveau de cette nappe superficielle retourne à un niveau dit moyen que nous n’avions pas eu depuis décembre 2015. Ainsi, en peu de temps le niveau de la nappe phréatique a pris -pour exemple à Belin- plus d'1 m en 15 jours.

Le sable qui constitue l’essentiel de notre sous sol a une réelle capacité de stockage c’est une chance immense, à contrario dans les secteurs ou l’alios est très proche , l’infiltration est plus lente et les sols ont très vite été saturés vu l’intensité des précipitations. Ces zones commencent juste à ressuyer avec ce temps plus sec et cela va percoler lentement dans les fissures de ce grès ferrugineux.

La #Leyre a également été im pactée par la tempête Amélie :
- les arbres, ayant souffert de la sécheresse cette année notamment sur des berges fortement drainées par le niveau extrêmement bas du cours d’eau, étaient instables. Un arbre dans ces conditions se déleste (chute de branches "vertes") pour survivre et peut même s'écrouler de manière impromptu alors avec le vent....
- la prise au vent d’arbres encore en feuille (tempête hivernale précoce) ont affecté l'ensemble des végétations arborés (aulnes, chênes, saules, pin )
Pour revenir sur cette crue, il y a aussi eu des effets cumulés avec un effet de renvoi des courants vers les berges opposées qui peut contribuer au déchaussement d’arbres qui se portaient plutôt bien.

Enfin, nous parlerons d'une crue morphogène, la vitesse de l'eau au fond de la rivière a permis le déplacement de bancs de sable (les piscicultures observent actuellement ces phénomènes ) ce qui modifie le profil transversal du cours d'eau. Les pêcheurs aussi ont l'habitude d'observer que les "trous" qu'ils ont l'habitude de prospecter se déplacent dans ces conditions de forts débits. C’est un véritable « nettoyage de la rivière » et de ses abords. La mise en eau de son lit majeur est aussi bénéfique pour son bon fonctionnement et les espèces inféodés au milieux humides ont des conditions enfin favorables pour effectuer correctement leur cycle de vie (reproduction des amphibiens, frai du brochet dans quelques temps).

Mais à contrario, ces conditions peuvent :
- faciliter le déplacement d’espèces invasives
- selon la part des précipitations infiltrées qui retournent à la rivière sous forme de source de celles qui ruissellent en lien avec les activités humaines (plateau, zones urbaines) des modifications de la qualité de l’eau de la rivière peuvent apparaitre

A suivre donc en 2020 pour tenter également d'évaluer la résilience de notre rivière face à tous ces changements...