Les zones de tranquillité pour la faune, indispensables au bon fonctionnement des continuités écologiques
Les espaces naturels d’intérêt majeurs et les continuités écologiques du parc offrent des zones de repos indispensables à la faune de notre territoire.

À RETENIR :
- 13 % du territoire du Parc appartiennent à des espaces reconnus pour leurs enjeux de conservation de la biodiversité, dont la moitié seulement est à distance de pressions liées aux zones urbanisées
-17874 ha classés Natura 2000 pour le rôle prépondérant de ces espaces dans la conservation d’espèces et d’habitats emblématiques du territoire et d’Europe, soit à peine 5,3% du territoire du Parc
- 7% du territoire seulement contribuent aux continuités écologiques prioritaires hors des pressions directes liées aux zones urbanisées... un fil de laine posé sur une table ! pourtant soumis à d’autres pressions indirectes
- une fragmentation de ces milieux exacerbée par nos actes et nos modes de vie : les dérangements répétés, les pollutions diffuses, les pratiques de loisirs consommatrices d’espace, la pollution lumineuse…
- Même sans panneau ni clôture, la forêt appartient en tous lieux à un propriétaire. Même discrète, la faune est partout : agissons en bon invité !
- un rôle à jouer de tout un chacun pour un partage harmonieux de l’espace en 5 points :  
     1- attitude discrète en nature en optant pour la pratique sans traces (déchets, bruit, cueillette, etc),  
     2- surveillance et maîtrise continue de son chien
     3- suivre les sentiers et privilégier les itinéraires balisés
     4- abstention des partages de traces sur les applications dédiées (VTT, trail, etc),
     5- respecter la règlementation : bivouac, circulation des véhicules motorisés en forêt, feux et risques incendies, déchets… Dans le doute, renseignons-nous d’abord !

Le Parc travaille depuis de nombreuses années à la préservation des espaces naturels d’intérêts patrimoniaux notamment dans le réseau de sites à l’échelle Européenne, Natura 2000. La charte du Parc prévoit de « Préserver et restaurer les espaces naturels d’intérêt patrimonial, réservoirs de biodiversité du territoire ».  Ces sites, et en particulier les Vallées de la Grande et de la Petite Leyre, offrent des espaces d’intérêt majeur permettant à de nombreuses espèces d’y réaliser tout ou partie de leur cycle de vie : reproduction, alimentation, déplacements mais également zones de repos. Dans ces habitats, les zones de tranquillité participent aux possibilités d’accueil des espèces sensibles au dérangement et souvent inféodées à ces seuls espaces restreints.  

Le réseau Natura 2000 représente 5% du territoire du Parc naturel régional des Landes de Gascogne

Divers programmes sont mis en œuvre en partenariat pour préserver ces espaces et restaurer les continuités écologiques du Parc. Depuis 2015, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne anime un programme spécifique autour des continuités écologiques. La Charte du Parc prévoit de « Définir, préserver et remettre en bon état les continuités écologiques au sein de la Trame Verte et Bleue». Dans ce cadre, le parc a développé une méthode simple et pragmatique pour identifier une Trame Verte et Bleue adaptée aux spécificités de son territoire. Cette démarche considère ces zones naturelles à enjeux comme fonctionnelles. En revanche, ces espaces peuvent être perturbés par des éléments « fragmentants », c’est-à-dire des conditions défavorables aux déplacements des espèces. Les plus importants relèvent, en premier lieu, de la fragmentation dite « matérielle ». Ce type de fragmentation est associé aux infrastructures humaines : urbanisation, routes, et tout autre artificialisation directe ayant un impact physique immédiat avec la destruction des habitats naturels, la destruction d’individus et l’altération des possibilités de déplacements. La charte prévoit, à ce sujet, de « favoriser une approche durable de l’urbanisme » et de « réguler les projets d’aménagement et d’infrastructures ».  

Les pressions de l'urbanisation peuvent être évaluées selon des distances particulières permettant d'identifier des "zones de tranquillité"

Il est également important de prendre en compte la fragmentation dite « immatérielle », relative à différents paramètres tels que la pollution lumineuse ou sonore et tout autre paramètre impliquant un dérangement de la faune sauvage. Les pollutions, les activités humaines de loisirs, la divagation de chiens et de chats, le bruit de la circulation, sont tout autant d’éléments venant perturber le cycle de vie des espèces : échec de la reproduction, fonctions sociales altérées, abandon des zones de remise, effarouchement répété et désordre physiologique, risque de prédation,…   

Le travail du Parc autour des continuités écologiques s’est attaché particulièrement à quantifier les zones de tranquillité au vu des dérangements matériels et immatériels liés à l’urbanisation. L’objectif de ce travail est d’accompagner les collectivités locales dans la prise en compte des continuités écologiques, notamment au sein de leurs documents d’urbanisme. En ce sens, un travail contributif a permis de présenter le réseau écologique ainsi constitué sur le territoire aux élus par l’intermédiaire de réunions en salles et de sorties sur le terrain. Différents outils ont été mis à disposition des acteurs et des communes comme des « guides pratiques à l’usage des collectivités pour la mise en place des continuités écologiques à l’échelle locale ». 

58% des continuités écologiques du Parc sont situées en zones de tranquillité en rapport à l'urbanisation

La disponibilité, la qualité et la tranquillité de ces lieux de vie et de déplacement des espèces révèlent donc un aspect primordial dans la conservation de la biodiversité.  A l’échelle du PNRLG, les zones de diversité à enjeux correspondent à 13% de notre territoire. 42% de ces espaces naturels, socle des continuités écologiques, sont perturbés par les activités humaines liées à l’urbanisation. C’est autant d’habitats qui n’offrent plus les conditions écologiques optimales pour les espèces qui en ont besoin. A l’échelle du Parc, 7% de notre territoire concernent des zones de diversité à enjeux, encore aujourd’hui en zone « théorique » de tranquillité. Ces chiffres et cette étude ne révèlent en effet pas l’ensemble des perturbations humaines pouvant avoir un impact sur les zones de tranquillité identifiées.  Par ricochet,  les zones urbanisées vont favoriser la fréquentation des espaces naturels et forestiers et donc occasionné un dérangement croissant et répété des espèces. Certaines études récentes ont notamment démontré la sélection des sites de repos de la Loutre en fonction de l’influence de la présence humaine à proximité venant s’ajouter à la structure de la végétation (Weinberger et al., 2019).  Trouver un bon équilibre entre les zones de tranquillité pour la faune et les activités humaines est donc un enjeu primordial, d’autant plus que les continuités écologiques révèlent un caractère multifonctionnel important : cadre de vie, qualité paysagère, production de biens et de de services, espace de loisirs et attractivité touristique...  

Les continuités écologiques sont des espaces multifonctionnels notamment support de développement intégrant des dimensions sociales (détentes, loisirs, cadre de vie, …)

Pour préserver des zones de tranquillité au sein des milieux et des continuités écologiques majeures de notre parc et pour trouver un équilibre dans les différentes fonctions des espaces naturels, la charte prévoit notamment « d’accompagner le développement des sports de nature et de maîtriser les pratiques consommatrices d’espaces ». De nombreux programmes sont donc menés collectivement, à l’image des déclinaisons locales des plans départementaux autour des Espaces, Sites, Itinéraires (PDESI), des plans départementaux d’itinéraires de randonnées (PDIPR) et des boucles locales de randonnées avec les communautés de communes, du réseau des prestataires et des usagers de la Leyre, proposant notamment des formations relatives à la maîtrise des pratiques sur la Leyre... La régulation des VTM (véhicules Terrestres à Moteur) et des VNM (Véhicules Nautiques à Moteur) est également une action phare engagée par le Parc et ayant une action concrète sur la préservation des zones de tranquillité en limitant le dérangement et, de ce fait, la fragmentation des continuités écologiques. Il en est de même pour chaque action d’information et de sensibilisation menés autour des activités, tels que la réglementation autour du bivouac. Ces actions sont réalisées de manières transversales entre la mission patrimoine naturel du Parc, en particulier sur le site Natura 2000 des Vallées des Leyre et la mission tourisme notamment en charge de la régulation des pratiques consommatrices d'espaces. A noter également la présence, en 2019 de deux écogardes ayant eu pour mission l’information et la sensibilisation des usagers, sans compter le renfort régulier des services spécialisés de la Gendarmerie sur le Domaine Public Fluvial.  

De nombreuses pistes restent encore à développer, notamment des études plus fines des fréquentation et de leurs impacts sur les espèces animales pour mieux prendre en compte l’ensemble des perturbations et permettre la préservation des habitats naturels et des zones de déplacement de la faune. De façon évidente, il convient à tout un chacun de rester attentif à la vie des espèces animales et végétales qui nous entourent, à chaque moment et en chaque lieu, afin de les respecter en leur offrant suffisamment de temps et d’espaces de quiétude