spectacle Hélium
Organisé par le Parc, ce rendez-vous du 4 mai avait pour but de conjuguer les approches naturaliste et artistique de l’écobalade de Brocas, grâce à l’intervention d’un animateur nature et de la Compagnie artistique Thomas Visonneau qui achève 12 jours de résidence* à Brocas, et dont les trois artistes sont venus ponctuer ce moment de touches poétiques.
Pour cette balade familiale, le point de départ fut donné à Brocas, très belle commune de la Haute-Lande, bordée par un bel étang qui forme une aire naturelle au charme indéniable.

"Deux des habitants de l'étang nous y attendent déjà : deux oies grises, d’origine domestique (oies de ferme) nous ont réservé un accueil quelque peu sonore avant d’user de leurs palmes pour prendre le large sur l’étang. Les pêcheurs font aussi partie intégrante du décor de l’étang des forges. Cet ancien lieu d’exploitation de la ‘garluche’ (grès ferrugineux) et de fabrication de fer explique la présence du musée-des-Forges ouvert en saison estivale.

Notre petit groupe quitte les abords du syndicat d’initiative en compagnie de son responsable, Bernard, et du maire du village qui nous accueillent chaleureusement et nous accompagnent tout au long de cette journée. Après une petite introduction, nous filons droit vers l’étang.

En plein Saints de glace, ce premier week-end de mai s’est révélé un peu capricieux et sans surprise, un peu frisquet. Heureusement les oiseaux eux, sont un peu moins frileux et célèbrent le printemps comme il se doit : chants, cris et vols vont nous accompagner le long de cette escapade éco-positive.

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L’idée est de reprendre le parcours de l’écobalade qui existe à Brocas, mais seulement le début puisque notre déambulation est prévue pour 2h30/3h et que l’intégralité du parcours (12km) nous entraînerait à plus de 5h en raison de nos pauses artistico-naturalistes !

Le sentier est fléché par de petits panneaux de trèfles verts, comme une invitation au bonheur. Alors ce symbole aux quatre feuilles nous portera-t-il chance aujourd’hui pour apercevoir nos petites bêtes à plumes, à écailles et à antennes ?!

Depuis trois ans, il existe une application à télécharger afin de suivre le parcours sur smartphone. Pour réaliser cette écobalade, un choix a été fait d’attirer l’attention sur certaines espèces que le promeneur est susceptible de croiser.

Au bord de l’étang, Jérôme notre guide-nature du Parc observe aux jumelles les berges du point d’eau et la chance est déjà avec nous puisque nous sommes survolés par un groupe de chevaliers guignettes, une dizaine au total qui zigzaguent sous nos yeux. Lorsqu’on aborde l’intérieur des terres, ce limicole migrateur est caractéristique des zones humides ; on retrouve quelques couples nicheurs dans les Pyrénées.

Jérôme nous parle alors d’une application qui permet à toute personne de signaler la présence d’une espèce animale sur les lieux : NaturaList. Avec Faune-Aquitaine, elle donne la possibilité à chacun d’alimenter cette base de données, y compris d’images. Une fois saisies, des experts viennent valider au besoin les données enregistrées par les promeneurs. Par an, c’est plusieurs millions de données qui sont collectées, puis les datas rejoignent la collecte aux niveaux national puis européen.

Notre guide signale donc les 10 chevaliers sur l’Appli en question qu’il utilise régulièrement lors de ses sorties sur le terrain.

Pour nous connecter à la nature, la petite troupe artistique nous propose une immersion poétique à l’orée de la forêt.

Nous nous engouffrons alors dans les sous-bois qui jouxtent l’étang et après une centaine de mètres nous savourons notre première halte artistique menée par la Compagnie Thomas Visonneau, où Frédéric Périgaud s’adonne à la lecture d’un poème de Jacques Prévert. Puis s’en suit la lecture par Léa d’un texte de JK Rowling qui doit sa notoriété à la série d’Harry Potter, dont elle en est l’auteur. Nous plongeons alors dans l’univers d’une nature fantasmagorique non sans lien avec le paysage de sous-bois que nous parcourons en cet endroit.

Ensuite, c’est Thomas qui nous ouvre son répertoire musical en entamant un chant. Avec lui, nous poursuivons notre voyage imaginaire au pays de Charles Trenet et de son « Jardin extraordinaire » qui nous fait traverser un décor de nature enchanteresse dans laquelle le narrateur voit « passer la plus belle des filles », et tous deux vont retrouver dans le bois « la douceur d'une couchette secrète ».

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Nous repartons le cœur enjoué, où les adultes semblent savourer ces petits instants magiques, tout autant que le jeune auditoire.

Au tour des oiseaux d’entamer leur chant désormais. Le lieu que nous parcourons est réputé pour sa biodiversité faunistique et floristique y compris pour ses espèces endémiques comme le Brochet aquitain.

Nous faisons alors une halte et essayons de capter des alertes sonores de cri ou chant d’oiseaux, en essayant de faire fi du vent omniprésent. Deux sons d’oiseaux différents sont repérés très distinctement. Le guide demande au groupe si quelqu’un en identifie l’auteur.

Les cris sont sporadiques ; cette intermittence nous indique que pour les oiseaux aussi c’est l’heure de la sieste ! Il s’agit du roitelet triple bandeau, ses sourcils blancs le démarquent du roitelet huppé,tout aussi petit que lui. 

Jérôme note qu’il s’agit d’un chant de contact, une simple communication entre individus, en vue de maintenir le lien avec le groupe.A l’inverse, on pense savoir que d’autres cris marqueraient la volonté de contrôler son territoire ou de séduire une femelle de la même espèce par exemple.Mais bien peu de chance subsiste pour que nous comprenions le sens de tout ce répertoire musical polyphonique.

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Le deuxième est commun, nous étions quasi sûrs de le croiser : c’est le pinson, un oiseau chanteur par excellence, ne dit-on pas « joyeux comme un pinson » ?! Finalement c’est par le chant qu’on peut essayer de repérer visuellement l’oiseau. Jérôme note qu’il s’agit d’un chant de contact, une simple communication entre individus, en vue de maintenir le lien avec le groupe. A l’inverse, on pense savoir que d’autres cris marqueraient la volonté de contrôler son territoire ou de séduire une femelle de la même espèce par exemple. Mais bien peu de chance subsiste pour que nous comprenions le sens de tout ce répertoire musical polyphonique.

Quand vous partez en repérage, mieux vaut être muni d’une petite paire de jumelle, qui aide bien ! Ici, nous avons la possibilité de repérer une des trois espèces les plus fréquemment recensées sur la Parc naturel, les « triple P » : Pison des arbres, Pipit des arbres et le Pouillot véloce.

Nous reprenons notre marche tout en tentant de repérer les fleurs, insectes et autres plantes que nous croisons le long du parcours. Beaucoup d'autres variétés sont présentes comme le Rossignol philomèle, véritable virtuose qui possède un chant des plus mélodieux mais complexe à décrypter car il possède à son répertoire plus de 250 mélodies ! A défaut de percevoir le chant en cet endroit, Jérôme possède un petit sifflet reflétant le récital du Rossignol.

On quitte la forêt et ses sous-bois pour entamer un paysage de lande, espace de milieux ouverts et y découvrir les espèces emblématiques s'y trouvant.

Antoine, un autre animateur-nature présent avec le groupe, repère un papillon aux jumelles. En ce jour de vent violent, notre papillon s’est offert une pause sur un Chêne tauzin, un des chênes présents sur nos territoires qui débourre tout juste.

Les amas de points et de tâches caractéristiques du revers des ailes du papillon ne nous laissent pas de doute, c’est une Mélitée, mais laquelle (du plantain, de la scabieuse?). Trop tard, il s’est envolé !

Nous entamons notre deuxième et ultime pause artistique avec la lecture du poème ´les oiseaux du souci’ de Prévert : « Pluie de plumes plumes de pluie, celle qui vous aimait n'est plus... », suivi d’un poème de Gérard de Nerval ‘Dans les bois’.

Malheureusement il est temps que la compagnie reparte à l’étang préparer le final de la balade… Nous avançons alors pour découvrir en contre-bas une zone humide ou semi-humide : un paysage de tourbière, d’où une Demoiselle surgit, une magnifique petite libellule bleue.

Jérôme s’empare d’une mousse caractéristique de ce milieu : la sphaigne, qui forme les tourbières et ressemblant à une éponge puisque pleinement gorgée d’eau. Cet écosystème est fragile, il est composé de matière organique en très lente décomposition mais nécessite un engorgement en eau suffisant pour perdurer. Pleuvra-t-il assez à l’avenir pour maintenir ces milieux devenus rarissimes en plaine ?

Le guide nous explique que nous nous trouvons sur d’anciennes dunes encore bien marquées, installées lors de périodes froides au gré des vents balayant de vastes espaces aux végétations éparses. Le ‘Triangle landais’, un système dunaire ancien dont la dune de Cazalis représente la plus haute du Parc. S’en suit alors un petit inventaire des espèces locales qu’on est susceptible d’apercevoir dans ces tourbières : Lézard vivipare, Vipère aspic avec une sous-espèce aujourd’hui inscrite sur la ‘Liste Rouge’ des espèces menacées, Campagnol amphibie, Fadet des laîches, Narthecie ossifrage ou encore les droséras, petites plantes carnivores...

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Pour participer au recensement de ces oiseaux, en partenariat avec la LPO, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne a, en 2012, lancé des séries de points d’écoute pour faire un ‘Suivi temporel des oiseaux communs’ (STOC). Ainsi, 150 points existent sur le Parc pour surveiller l’évolution des oiseaux communs. On y classe chaque année les contacts auditifs et visuels recensés. L’objectif est de voir si des tendances nettes apparaissent sur du moyen terme.

Aujourd’hui on ne peut pas encore dresser de grandes tendances,mais seulement poser des bases solides pour de futures analyses, en écho aux résultats nationaux qui alertent sur le déclin accéléré de la biodiversité.

Cela permet aussi de prendre conscience de notre responsabilité locale pour certaines espèces en voie de disparition, comme pour la Fauvette pitchou en fort déclin, désormais classée ‘En Danger de disparition’ en France.

De petites actions cumulées visant à préserver l'espace adapté pour ces espèces voient le jour et permettent de limiter le recul de certaines espèces.

En reprenant le chemin, on entend le Pic noir un oiseau dont le chant s’apparente à un ‘sifflet rouillé de chef de gare’ ! Après un petit goûter offert par le syndicat d’initiative, il est temps pour notre groupe de rejoindre l’étang pour ponctuer cette balade par un spectacle : Hélium.

Mis en scène par Thomas Visonneau, l’histoire raconte la rencontre entre deux personnages dont l’un est tiré de la morosité grâce aux pensées positives de son désormais nouvel ami. Un spectacle déambulatoire éco-positif lui aussi, offert par ces artistes en herbe en clôture de cette balade naturaliste.

Une visite à recommander à tout épicurien de nature… pour connaître le programme des animations de printemps du Parc, c’est ici !"

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* en partenariat avec le Théâtre de Gascogne et le PNR

Retrouvez des idées de balades nature , consultez les actions sur le territoire du Parc et pour être acteur, pourquoi ne pas se former soi-même grâce aux programmes annuels de formation à l’observation de la nature et en connaître plus sur les éco-systèmes qui nous entourent...

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