L’îlot de chaleur se caractérise par une élévation localisée des températures de l’air et par une diminution de l’amplitude thermique entre le jour et la nuit. Il résulte principalement d’une activité humaine intense et concentrée mais dépend également de la morphologie des villes et villages, des différents milieux naturels et leur relation avec les secteurs habités, ou encore des pratiques agricoles et sylvicoles.
Leur caractérisation devrait permettre d’identifier les secteurs sur lesquels intervenir en priorité (par préservation ou remédiation), de contribuer à la définition des objectifs du territoire notamment à travers les documents de planification grâce à des recommandations pour une gestion favorable au maintien de la fraicheur, et, à terme, de suivre l’évolution et l’effet des aménagements et mesures mises en place.
Le périmètre de l'étude
Elle porte sur 65 communes : les 53 qui constituent le périmètre du Parc actuel et les 12 communes limitrophes candidates pour intégrer le périmètre d’études de la procédure de révision Charte en cours.
Ce territoire se caractérise par une forte dimension forestière, son étendue du bassin d'Arcachon jusqu'aux Landes, et une dynamique d'urbanisation en cours (nouvelles ZAC, zones d'activités, projets d'énergies renouvelables...).
La méthode de l'étude
Le diagnostic est réalisé dans un premier temps grâce à une cartographie satellitaire des températures de surface (images Landsat 8). Pour vérifier la sensibilité des zones repérées par cartographie satellite, un réseau de 19 capteurs enregistreurs de températures sera installé au cours de l'été 2026 sur des sites représentatifs du périmètre étudié. Ces mesures seront ensuite croisées avec des données du Parc (continuités écologiques, zones humides, boisements…) pour pouvoir identifier les enjeux du territoire, et cartographier les secteurs prioritaires. Une analyse multicritère permettra enfin d’évaluer l’impact sanitaire des îlots de chaleur sur le territoire, au regard de données sociales et démographiques corrélées avec leur localisation (diagnostic de vulnérabilité socio-démographique).
La stratégie d'adaptation permettra dans un second temps de proposer concrètement des fiches-actions coconstruites (autour de solutions fondées sur la nature par exemple, de propositions de désimperméabilisation des sols, de renaturation/végétalisation, création d'ombre…) et de partager, auprès de différents publics, les résultats de l'étude et ses recommandations.
Premiers éléments issus de l'analyse cartographique
La cartographie a été réalisée à partir des images Landsat 8 du 11 juillet 2025, avec une résolution de 30 mètres par pixel. Ce jour-là, la température ambiante était de 28,3°C lors du passage du satellite alors que l'on relevait 36°C en journée sur le territoire. Les seuils retenus sont : température de surface > 42°C pour les îlots de chaleur, < 28°C pour les îlots de fraîcheur.
À noter que les températures de surface peuvent être nettement plus élevées que les températures de l’air. 36 °C en température ambiante peuvent correspondre à plus de 50 °C sur l’enrobé exposé au soleil.
Des îlots de chaleur de typologies différentes ont été identifiés : zones urbaines / centres-bourgs (le bourg de Belin-Béliet, celui de Biganos), zones commerciales et d'activités (centre commercial de Morcenx, polygone d'essais de Captieux), grandes surfaces imperméabilisées (parkings, toitures foncées, voiries), parcelles agricoles à nu (mais si la terre noire absorbe fortement la chaleur en surface, il n'y a pas d'inertie thermique nocturne, ces zones ne participent donc pas structurellement au phénomène d'îlot de chaleur), les secteurs incendiés en 2022 (des parcelles sans couvert végétal).
Les forêts et boisements de pins, les parcelles agricoles en culture (effet rafraîchissant lié à l'évapotranspiration et à l’irrigation), les milieux humides, étangs, lagunes, lacs mais aussi les prairies et autres espaces végétalisés apparaissent comme des îlots de fraîcheur nettement identifiables.
Le territoire ressort globalement comme un territoire frais, notamment grâce à l'influence de l'Eyre, du Ciron et du Bassin d'Arcachon.
Installation des capteurs
19 capteurs ont été installés en juin. L'objectif est de capter 2 à 3 vagues de chaleur sur la période juin–septembre pour disposer de données pertinentes.
La répartition cible est la suivante : 6 capteurs en zone chaude, 6 en zone intermédiaire, 7 en zone fraîche. Les emplacements retenus sont les suivants : cours d'école, parkings, usages sportifs, places de bourg, zone d'aménagement concertée, établissements de santé, habitat (en lisière de surfaces forestières et agricoles), pistes cyclables et centrales photovoltaïques.


