La Grue cendrée dans les Landes de Gascogne : migration et hivernage

La Grue cendrée dans les Landes de Gascogne : migration et hivernage

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les vastes landes rases, marais et lagunes des Landes de Gascogne accueillaient d'importants stationnements et hivernages de Grues cendrées, comme en témoigne l'ethnologue Félix Arnaudin. Ces milieux ont ensuite fortement régressé avec le drainage et le boisement massif de la région. La loi de 1857 (assainissement des marais, boisement en pin maritime) a fait disparaître l'espèce du territoire. Ce n'est qu'avec les défrichements et l'essor de la maïsiculture dans les années 1960 qu'elle est revenue progressivement, d'abord en halte migratoire ensuite en hivernage à Captieux (1977) puis à Arjuzanx (1983).

Landes et zones humides : un milieu adapté pour la Grue cendrée.

Aujourd'hui, les Landes de Gascogne accueillent chaque année plus de 15 % de la population européenne de Grues cendrées, ce qui confère au territoire une responsabilité majeure dans la préservation de cette espèce emblématique et patrimoniale. D'où le suivi territorial qui leur est consacré. Ce suivi vise à mieux comprendre l'utilisation spatio-temporelle du territoire par la Grue cendrée : durée de présence, effectifs et lieux fréquentés. Les observations diurnes sur les zones de gagnage cartographient la répartition des oiseaux, tandis que les comptages sur les dortoirs estiment les effectifs hivernants. Les grues s'alimentent dans un rayon d'environ 40 km autour de leurs dortoirs, principalement en Haute Lande.

Les trois dortoirs principaux sont la réserve naturelle nationale d'Arjuzanx, la réserve naturelle nationale de Cousseau et le camp du Poteau de Captieux ; ce dernier tend toutefois à régresser ces dernières années. D'autres dortoirs importants se sont imposés, comme la lagune de Latapy et le marais de l'Anguille, suivis du CEA de Saugnac-et-Muret, de Saint-Martin-de-Seignanx et du marais d'Orx. Enfin, des dortoirs plus petits complètent leur répartition nocturne (marais du Piat, lagune de Nahous à Sabres, marais de Parias à Callen, Losse et Pontonx). À noter que la fréquentation de l'ensemble de ces dortoirs dépend des conditions météorologiques, notamment de la pluviométrie, ce qui explique les disparités de comptage d'une année à l'autre.

Je consulte les comptages de la dernière saison.

La ressource alimentaire repose essentiellement sur le maïs laissé après récolte (environ 300 g/jour et par oiseau). Or, l'évolution des pratiques agricoles, l’enfouissement des grains, la suppression des chaumes, le développement des cultures légumières et la généralisation du couvert hivernal, réduit sans cesse les parcelles exploitables. Ce qui remet en question, à terme, la pérennité de l'hivernage des grues sur ce territoire et constitue sa première menace.

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