La Grue cendrée, principales caractéristiques

La Grue cendrée, principales caractéristiques

Un clairon résonne dans l'air. Lever de tête : les grues sont là. Après quelques cercles désordonnés au-dessus des pins, elles s'élèvent vite et se rangent d'elles-mêmes en un V parfaitement ordonné. Vaste triangle reliant le Médoc aux barthes de l'Adour et au Lot-et-Garonne, les Landes de Gascogne partagent avec la Grue cendrée une très vieille histoire. Nicheuse, migratrice puis hivernante, elle a traversé tous les statuts au fil du temps. Véritable indicateur des saisons, elle inspire contes et légendes et offre à chaque vol un spectacle majestueux, toujours renouvelé. Elle demeure l'une des espèces les plus emblématiques de notre territoire.

Descriptif :

La Grue cendrée est le plus grand oiseau d'Europe : jusqu'à 240 cm d'envergure et 140 cm du bec aux pattes. 

Sa longévité est d'environ 20 à 25 ans dans la nature (parfois plus de 30 ans, et des records de plus de 40 ans en captivité).

En vol, elle se reconnaît à son cou tendu et ses longues pattes, et à ses grands « V » ordonnés et bruyants, contrairement à la Cigogne, plus silencieuse et désordonnée, tandis que les Hérons replient le cou. 

Son plumage est gris cendré, avec un cou et un front noirs, une nuque blanche remontant sur les joues et une tâche rouge sur le sommet du crâne. Mâle et femelle sont presque identiques, les mâles étant juste un peu plus grands. Les jeunes de l'année, plus bruns ou roux, muent au fil de l'hiver et ressemblent aux adultes dès février. 

Enfin, son nom y compris scientifique, Grus grus est une onomatopée de son cri de trompette, les jeunes émettant quant à eux des sifflements aigus.

Reproduction :

La Grue cendrée niche dans le nord de l'Europe et la Sibérie (Scandinavie, Europe du nord-est), où elle se reproduit du printemps à l'automne. Les couples, unis pour la vie, ne se séparent qu'à la mort d'un partenaire ou après des échecs répétés de reproduction. 

De retour sur leurs territoires dès la mi-mars, ils réutilisent l'ancien nid ou en construisent un nouveau, un amas de branchages d'environ un mètre de diamètre, souvent entouré d'eau. Suit la parade nuptiale : de véritables danses synchronisées (sauts, révérences, ailes déployées) qui consolident l'entente du couple, avant l'accouplement, dont la femelle choisit le moment. 

La ponte a lieu entre fin mars et début juin : deux œufs, couvés environ un mois. Les poussins, nidifuges, quittent le nid dès l'éclosion et suivent leurs parents jusqu'à l'envol, en été. Ils volent à l’âge de 90 jours environ. 

Une Grue cendrée peut avoir environ 15 à 20 couvées dans sa vie, voire davantage.

Migration :

La migration d'automne est déclenchée par le climat en raison de la neige et du gel au nord de l'Europe qui privent les grues de nourriture et d’eau. Elles gagnent alors le sud-ouest du continent via deux grandes routes, dont la « voie occidentale » qui traverse la France (quelques oiseaux de Camargue empruntent toutefois une route centre-européenne par l'Autriche). Une partie hiverne en Allemagne si la nourriture y est disponible. Mais l'Espagne demeure le principal pays d'hivernage (près de la moitié des effectifs avec en moyenne 250 000 grues) ce qui en fait le premier pays d’hivernage en Europe. La France (Lorraine, Champagne, Centre, Nouvelle-Aquitaine, Camargue) en accueille une part importante pour l’hivernage (environ 150 000 individus) et les haltes migratoires (400 000 oiseaux transitent en moyenne chaque année en France).

Depuis les années 80, l’hivernage de la Grue cendrée en France est en constante augmentation.

Au printemps, la pulsion hormonale liée à la reproduction pousse les grues à regagner leurs sites de nidification, la baisse des ressources alimentaires jouant aussi un rôle dans la fin des stationnements. Mais ce qui détermine vraiment leur départ est la photopériode, c’est la durée d’ensoleillement. C’est un indice bien plus fiable et rigoureux que la température, car il qui ne varie pas d’une année sur l’autre. En s’y fiant, les oiseaux savent qu’ils seront de retour à temps dans leur toundra nordique pour se livrer à nouveau aux besoins de la reproduction.

Alimentation :

Comme bon nombre d’oiseaux, le régime alimentaire diffère entre les deux périodes importantes de nidification et d’hivernage.

Pendant la période de nidification, l’apport protéinique d’un régime plutôt animal permet aux jeunes de croître très vite et aux adultes de profiter de plus d’énergie pour remplir la lourde tâche de l’élevage. Ainsi sont consommés de nombreux invertébrés, escargots, myriapodes, vers, et de nombreux insectes. La Grue consomme également des vertébrés, notamment des amphibiens, reptiles, et quelques oiseaux.

En hiver en revanche, le régime devient végétal. C’est la ressource la plus abondante, mais là les oiseaux devront faire preuve d’adaptabilité, se nourrissant de ce qu’elles trouveront. Que ce soient des glands, des racines, des pousses fraîches ou des céréales, ils seront très opportunistes. En réalité le régime alimentaire de la Grue en hivernage dépendra directement du site qu’elle fréquentera. Ainsi, dans nos Landes de Gascogne, consommera-t-elle essentiellement du maïs du secteur de la Haute Lande.

Les ressources à disposition sur cette thématique

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