Étude génétique de la Loutre d'Europe

Étude génétique de la Loutre d'Europe

Espèce emblématique des cours d’eau, la Loutre d’Europe est bien présente en région Atlantique, mais ses effectifs restent encore mal connus. Depuis 2017, un suivi scientifique par analyses génétiques non invasives est mené sur le site Natura 2000 des vallées de la Leyre, afin d’estimer les domaines vitaux, la densité et la taille de la population, et ainsi mieux orienter les actions de conservation.

La région Atlantique a une responsabilité majeure dans la conservation de la Loutre d’Europe (Lutra lutra). Sa présence est avérée sur le territoire mais sa protection effective nécessite une amélioration du niveau de connaissances pour un dimensionnement mesuré des moyens et une précision des enjeux de conservation. En effet, son aire de répartition nationale est bien connue, en expansion même, mais les effectifs de ses trois principales populations le sont beaucoup moins.

Pour cela un suivi de cette espèce est réalisé depuis 2017, dans le cadre de l’Observatoire des Sites Majeurs du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, sur le site Natura 2000 des Vallées de la Grande et de la Petite Leyre. Il porte sur une analyse génétique, non invasive, des loutres fréquentant le site avec l’objectif d’évaluer dans un premier temps les domaines vitaux puis les effectifs des individus.

  • Domaine vital : en comparant les sites de « capture » avec l’identité des individus, le rayon d’action pourra être estimé et donc l’étendue de leur domaine vital.
  • Effectifs : combien d’individus sur le site, identifiés comme de passage ou régulièrement « recapturés » et dont le domaine vital pourrait être délimité ?

La présence de l’espèce est avérée sur tout le site, du delta à la quasi extrémité de la Petite et de la Grande Leyre. Cette première analyse permet de mettre en valeur des chevauchements entre domaines vitaux, de mâles, comme de femelles. Ces derniers présentent des distances allant jusqu’à près de 40 km de linéaire de cours d’eau, ce qui correspond au domaine vital maximal connu.

Depuis 2017, 60 individus ont été identifiés par ce suivi. En comparant les données de capture avec le linéaire de cours d’eau parcouru, il est possible d’approximer la densité de loutres par kilomètre sur le site. Avec une densité comprise entre 0,30 et 0,07 loutre/km sur le site, on se rapproche de ce qui a été calculé au cours d’études à la méthodologie similaire, dont les densités sont comprises entre 0,07 et 0,51 loutre/kilomètre, pour des populations situées dans les terres et entre 0,28 et 0,93 loutre/km pour des populations côtières.

Une analyse statistique plus poussée nous permettra d’affiner ces résultats et de conclure avec davantage de certitude quant à la densité de loutres sur le site et donc de la taille de sa population. Cela permettra d’alimenter le réseau de surveillance de cette espèce, dont l’aire de répartition est bien connue mais dont les effectifs le sont beaucoup moins.

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