Étude sur la fonctionnalité des tourbières

Étude sur la fonctionnalité des tourbières

Dans le cadre de l'animation du site Natura 2000 des Vallées de la Leyre et de l'Observatoire des Sites Majeurs du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, une étude sur la fonctionnalité de 4 tourbières à enjeux a été commandée auprès du bureau d'études EcoMetrum.

Les vallées de la Leyre abritent de nombreux sites à enjeu majeur de préservation en raison de leur rareté et de leur fragilité. C’est ce qui a notamment justifié son classement en site Natura 2000. Une attention particulière est portée aux tourbières de cette vallée, menacées entre autres, par des pratiques de gestion inadaptées, un contexte de changement climatique et une banalisation de la flore. Les habitats qu’on y retrouve sont classés prioritaires dans la directive Habitats Natura 2000 et les communautés végétales typiques sont classées En Danger sur la Liste Rouge Régionale.

Dans le cadre de l’animation de ce site et de l’Observatoire des Sites Majeurs du Parc naturel régional, une étude fonctionnelle de 4 tourbières à enjeux a été commandée auprès du bureau d’étude EcoMetrum. L’objectif est de comprendre le fonctionnement de ces habitats particuliers (position topographique, historique de formation, type et chimie du sol, alimentation en eau, répartition des végétations) et d’évaluer leur résilience face aux incendies subis en 2022. Leur réaction face à ces évènements dépend des caractéristiques fonctionnelles propres à chaque tourbière.

Cette étude montre que les tourbières sont positionnées sur d’anciens méandres de la Leyre, formés il y a environ 8 500 ans. Sur ces derniers, des végétations boisées et arbustives inondables se sont lentement décomposées, créant de la tourbe, agissant comme une éponge et un puits de carbone. Parmi les 4 tourbières, Hongrand et Cruchada présentent l’épaisseur de tourbe la plus importante (près de 5m), on peut en conclure qu'elles ont été initiées il y a plus de 5 500 ans et sont encore actives aujourd’hui. L’alimentation en eau par les pluies et l’engorgement du sol sont indispensables pour le maintien de ces milieux fragiles. En cas d’insuffisance, la dominance de la Molinie bleue peut devenir critique, modifiant la chimie du sol et la composition en espèces typiques. L’analyse des tourbes révèle la présence régulière de charbons à différentes profondeurs, témoignant que le feu fait partie intégrante de leur histoire. Dans le cas des incendies de 2022, leur intensité rare a eu un impact significatif, brûlant d’importants volume de tourbes sur les parties boisées de Pins maritimes, les zones cœur étant peu touchées.

L’étude met en lumière un fonctionnement complexe, dépendant du climat, de l’eau stockée à travers les sables du plateau alimentant en bas de pente ces tourbières et de l’incision du réseau hydrographique. Toutes les tourbières de la vallée, comme de France, n’ont pas toutes été inventoriées à ce jour et nombre d’entre elles auront disparu avant d’avoir été identifiées. L’impact sur la quantité de carbone relarguée par leur dégradation est loin d’être négligeable, ajoutée à la perte de biodiversité dépendante de leur bon fonctionnement.

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