Inventaire des coléoptères saproxyliques

Inventaire des coléoptères saproxyliques

Au cœur des vallées de la Leyre, classées site Natura 2000, les forêts alluviales constituent des écosystèmes d’une valeur écologique exceptionnelle qui abritent une biodiversité remarquable. À travers l’étude des coléoptères saproxyliques, véritables bioindicateurs de la santé des milieux forestiers, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne analyse l’état de conservation et l’évolution de ces boisements rares et fragiles.

Les vallées de la Leyre abritent de nombreux sites à enjeu majeur de préservation en raison de leur rareté et de leur fragilité. C’est ce qui a notamment justifié son classement en site Natura 2000. En son centre, sur les anciens prés de rivière (prats d’arriou) des bords de Leyre, se développe une forêt alluviale. L’activité pastorale ayant été délaissée au profit d’une activité sylvicole à la fin du XIXème siècle, les anciens canaux de drainage ont été comblés, faisant revenir l’eau, favorisant le retour de mares et l’installation de forêts de feuillus. Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, porteur notamment de l’animation de ce site Natura 2000, s’est penché sur la question de l’état et de l’évolution de ces forêts.

Plusieurs indicateurs et méthodes existent pour répondre à cette question. L’approche par l’inventaire d’espèces bioindicatrices (espèces sensibles à la dégradation des milieux) en est une. La « bonne santé » d’une forêt fonctionnelle et absente de coupes importantes peut ainsi s’évaluer par sa richesse et sa composition en coléoptères saproxyliques. Ces derniers sont des maillons essentiels de la chaîne de dégradation du bois mort et de l’enrichissement du sol. Ils ne s’attaquent pas aux arbres sains (vigoureux ou stressés) mais aux arbres dépérissant ou déjà morts.

Ainsi, 17 stations réparties dans une chênaie ancienne en libre évolution ont été suivies sur 3 années sur lesquelles des coléoptères ont été piégés. Ces derniers ont été identifiés par l’Office pour les Insectes et leur Environnement (OPIE). Les traits de vie (biologie) de chacun renseigne sur la diversité en micro habitats, en bois morts, en essences ligneuses, en champignons associés au bois et sur l’ancienneté des forêts notamment.

Au cours de l’inventaire, 359 espèces de coléoptères ont été détectées, dont 286 espèces de coléoptères saproxyliques, parmi lesquelles :

  • 1 espèce protégée au niveau national et inscrite sur la directive Habitats Faune Flore ;
  • 36 espèces déterminantes au titre des Znieff (zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique) ;
  • 36 espèces saproxyliques rares à très rares ;
  • 1 espèce « En danger » de la Liste rouge des coléoptères saproxyliques européens et 12 espèces « Quasi menacées » ;
  • 17 espèces indicatrices des forêts anciennes de l’Europe de l’Est.

Le site doit être considéré en termes de patrimonialité des boisements comme présentant des enjeux de niveau régional à national, avec la présence d’une espèce exceptionnelle au niveau français (Dermestoides sanguinicollis), voire de niveau international avec la présence d’Agnathus decoratus. La reconduction de l’étude à moyen terme (10 ans ou plus) permettra de suivre l’évolution de la faune et de ses préférences écologiques dans le cadre de la libre évolution du site et sous l’influence du changement global. 
 

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